La Dame du manoir de Wildfell Hall de Anne Brontë



Présentation de l'éditeur : Publié en 1848, La Recluse de Wildfell Hall, qui analyse sans concession la place des femmes dans la société victorienne, est considéré comme l'un des tout premiers romans féministes. Ce titre méconnu entretient, comme l'a souligné la critique moderne, de nombreux liens avec Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë. on y retrouve notamment les mêmes thèmes: alcoolisme, violence masculine corruption de l'enfance... Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall? On ne sait pas d'où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils. Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite communauté villageoise et éveille l'intérêt puis l'amour d'un cultivateur, Gilbert Markham. La famille de Gilbert. est apposée à cette relation et petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie. Quel est le drame qu'elle lui cache ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?

Lu dans le cadre du Challenge 19ème siècle organisé par l'excellent blog Dans le manoir aux livres 

Lecture commencée le 28 Janvier 2015, terminée le 31 Janvier 2015

Mon avis 

Cela faisait un peu près deux ans que ce livre attendait patiemment dans ma bibliothèque que je l'ouvre et je regrette de ne pas l'avoir fait avant... J'ai adoré ce roman dont les personnages sont très riches et fouillés. La structure du récit, du point de vue de Gilbert puis de celui d'Helen grâce à la brillante idée du journal est particulièrement adaptée. J'ai apprécié de découvrir tout d'abord Helen par les yeux de Gilbert et des autres habitants du village (mention ++ pour le côté médisant d'Eliza et des autres). J'ai apprécié le personnage d'Helen, un peu moins celui de Gilbert... Finalement, il n'est pas si "bien" que ça, l'épisode avec Mr Lawrence fait d'ailleurs froid dans le dos à ce sujet ! ( Au passage, j'avais deviné dès les premiers mots la nature de la relation entre Helen et Mr Lawrence). Donc on découvre Helen à travers les yeux de Gilbert et au bout du compte on se dit que cette femme a bien raison de le repousser ( en tous cas moi, c'est ce que je me suis dit). Puis, vient le récit d'Helen, sous forme de journal intime et c'est là que le récit m'a vraiment emportée... Comme la tante d'Helen, on a envie de lui crier de ne pas épouser Huntington, mais malheureusement, elle scelle son destin et se précipite elle-même dans le malheur ( d'une certaine façon, je trouve qu'Helen a été punie de son orgueil, elle espérait ramener Arthur sur le droit chemin, l'influencer mais c'est tout l'inverse). A travers son récit, j'ai souvent eu pitié d'Helen qui endure toutes les horreurs que lui fait subir Arthur avec stoïcisme. Je dirais avec un peu trop de stoïcisme, j'ai souvent eu envie de la secouer et de lui dire de mettre un peu la pédale douce sur son fatras religieux : une part de moi comprend ce qui agaçait tant son mari chez elle.... Le personnage de Huntington le dissipé est très réussi, entre la manière dont il pervertit Arthur (ça c'est le pire de tout), ses infidélités, son peu d'amitié (pauvre Lord Lowborough, de tous, c'est mon personnage favori : en vérité je l'aurais trouvé logique qu'ils finissent ensemble : Lowborough voulait une femme qui le sauve, Helen voulais quelqu'un à sauver....) On a donc Helen la pieuse qui cherche à sauver son mari de tous ses travers... et en fait, elle réussit à sauver le mari de Millicent, son amie, mais jamais le sien...  J'ai moins aimé la troisième partie du roman, principalement parce que je ne crois pas trop à la relation entre Helen et Gilbert...

Ce que j'aime : le back ground d'Helen, le récit des dissipations de son mari, les racontars des villageois. Lord Lowborough.

Ce que j'aime moins : le côté religieux d'Helen, lassant et agaçant. La relation de Gilbert et Helen à laquelle je ne crois pas (non pas à cause de leur différence sociale mais en raison de ce que Gilbert a fait à Mr Lawrence et parce que je trouve qu'ils tombent trop facilement amoureux). Le personnage de Gilbert.

En bref : Un beau roman certes féministe mais que j'aurais préféré beaucoup moins empli de piété. L'écriture d'Anne Brontë est magnifique et on ne s'ennuie pas une seconde dans ce récit livré par une plume franche et non édulcorée par la pudeur féminine de l'époque. A découvrir ! 

Ma note 

8,5/10



Commentaires

  1. J'en garde un bon souvenir également, je l'ai lu il y a quelques semaines en LC avec Dame Coquelicote ;)

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  2. Ann Brontë m'a toujours surprise et séduite avec ces romans. Ils ne sortent pas vraiment de la norme de l'époque et restent assez codifiés mais restent pourtant toujours agréables à lire. C'est la moins connue des soeurs, et pourtant, elle mérite amplement d'être lue, je pense, parce qu'elle est aussi talentueuse qu'Emily ou Charlotte ! :)

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    1. Pour l'instant je n'ai lu que celui ci mais effectivement en me basant sur ce dernier, elle me semble à moi aussi aussi talentueuse que ses deux soeurs !

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